CLUB DE TIR DE SAINT GEORGES SUR CHER

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.22lr: la genèse

L'histoire de la .22 long rifle est passionnante à plus d'un titre. En effet, c'est actuellement la munition la plus utilisée au monde avec une production annuelle mondiale de l'ordre de 2,5 milliard de cartouches, et pourtant ses racines remonte aux toutes premières cartouches métalliques inventées au milieu de 19ème siècle.

Il faut savoir que la conception de la .22lr est extrêmement archaïque, mais c'est ce qui a fait son succès car son coût de fabrication est très faible.

Comment est constituée un .22lr ?:

- un étui simple à bourrelet, fabriqué à partir d'une simple feuille métallique (au tout début les étuis de munition à percussion annulaire était fabriqué en cuivre puis en laiton).

- Une amorce annulaire coincée dans le bourrelet

- Une charge de poudre, initialement de la poudre noire

- Une ogive à talon de 40gr (ogive standard) soit 2,6g

Pourquoi cette conception est-elle archaïque ? Tout repose sur le concept d'ogive à talon (heeled bullet). Une ogive à talon est une ogive dont la partie extérieur est au même diamètre que l'étui. La plus grande partie de l'ogive étant à l'extérieur de l'étui, la lubrification est exposée. La partie intérieur, le talon, est d'un diamètre plus petit afin de rentrer dans l'étui.

Ce type de munition pose trois gros problèmes :

- la lubrification extérieure est exposée aux saletés, ce qui peut nuire à la précision.

- Le sertissage sur le talon est délicat, ce qui rend la munition fragile. Il est très aisé de dé-sertir une .22lr

- Le diamètre de l'ogive ne doit pas est trop fort, sinon, la munition ne pourra pas chambrer. C'est aussi pourquoi, les .22lr anciennes, dont le plomb est fortement oxydé sont difficiles à chambrer.

Bien sûr, les techniques industrielles actuelles permettent de régler ces problèmes aisément.

Pourquoi donc, malgré cette ancienne conception, la .22lr est-elle autant utilisée ? Il y a plusieurs raisons :

- tout d'abord son prix de fabrication est très bas, car les étuis sont peu onéreux à fabriquer, et la quantité de poudre est très petite.

- Les armes utilisant cette munition ont des chambres droites, ce qui est simple à fabriquer.

- La puissance modérée de la .22lr est idéal pour le tir de loisir et des petits nuisibles, ainsi que pour le tir d'initiation.

- La précision des ogives à talons est excellente avec la .22lr.

Revenons maintenant à l'histoire de cette munition.

Tout à commencé en 1845 par la conception de la première .22 annulaire, la .22 bosquette par Flobert. Cette munition est la toute première munition à cartouche métallique à percussion annulaire. Elle a été créée en même temps que la 6mm Flobert, appelée aussi .22BB (balle ronde) et  .22CB (balle conique). Mais remontons un peu plus loin. D'où vient l'idée de la munition à ogive à talon ? Tout simplement des premières cartouches en papier pour les armes à rechargement par la bouche. Ces cartouches lorsqu'elles utilisaient des balles coniques étaient  faites de telle manière que les gorges de graissage des ogives étaient apparentes, et bien sûr le diamètre de la chambre correspondait au diamètre de l'ogive. Une des applications célèbre des cartouches en papier est l'utilisation massives de ces dernières pendant la guerre de sécession (1861-1865) pour les revolvers à percussion.

Pour en revenir à la .22 annulaire, en 1857 a été conçu la descendante direct de la .22 bosquette, la .22 court (.22 short). Cette munition, conçue spécifiquement pour le revolver de poches S&W n°1 (premier revolver à cartouche métallique utilisant le brevet Rollin White de 1835 concernant les barillets perforés de part en part) ; propulsait une ogive de 29gr (1,9gr) avec 0,28g de poudre noire. La puissance de cette munition était très modérée, mais ce nouveau concept de munition métallique, plaisait aux milieux aisés de la côte est des Etats-Unis. Bien sûr, à la Frontière, les pionniers restaient fidèles aux Colt à percussion plus puissants et sans problème d'approvisionnement de munition….

Néanmoins, le concept de munition à percussion annulaire s'est vite développé, notamment un peu avant la guerre de sécession avec l'arrivée de l'ancêtre des Winchester, la Henry 1860 utilisant la munition 44 Henry (balle de 216gr et 28gr de poudre noire), appelée aussi .44 long rimfire, offrant dans cette carabine une énergie de 760Joules, soit l'équivalent d'une .357mag actuelle tirée dans un revolver. D'autres exemples : la Spencer (1860) en calibre 56-56 Rimfire ; plus tard les premières munitions à cartouche métallique des conversions Richard-Mason des revolvers Colt à percussion (conversions utilisant le fameux brevet Rollin White enfin tombé dans le domaine publique) qui étaient elles aussi des munitions à percussion annulaire et à ogives à talon. Il y avait notamment la .38 long rimfire pour le Colt 1851, 1861, 1862 ; et la .44 long rimfire (la même munition que celle utilisée dans la carabine Henry 1860 puis la Winchester 1866) pour le Colt 1860 ainsi que le Open Top faisant la transition vers le fameux Colt SAA en 1873, cette fois dans une munition « moderne » le .45 Long Colt. Ainsi, dans les années 1870 et 1880, le nombre de munitions à percussion annulaire a explosé, il est difficile d'en donner le nombre exacte. Néanmoins, lorsqu'on regarde les photos des tableaux de munition de la marque Winchester de cette époque, on peut en voir plusieurs dizaines….. et de tous les calibres! (D'ailleurs la munition .44Henry a par exemple été fabriquée jusqu'en 1930). C'est dans cette euphorie de nouvelles munitions  « rimfire » que la .22 Long Rifle a vu le jour en 1887, conçue par la Stevens Arms & Tools Company. La .22 Long Rifle est en fait la combinaison de l'étui de la .22 Long et de l'ogive de la .22 extra long. La .22 long a été crée en 1871, et propulsait une ogive de 29gr (comme la .22 short) mais avec un étui permettant une contenance de 5gr (0,32g) de poudre noire. La .22 extra long, crée en 1880, avait un étui plus long permettant de loger 6gr (0,389g) de poudre noire afin de propulser une ogive de 40gr. La .22 extra-long était, avant l'avènement de la poudre pyroxylée, plus puissante que la .22lr mais ne bénéficiait pas d'une bonne réputation quant à sa précision. Depuis, ces deux munitions ont disparue et n'a subsistée que la .22lr.

Actuellement, il existe une grande variété de munitions .22lr, cela va des munitions Subsoniques (V<340m/s), au Standard (v=340m/s), High Velocity (370m/s) et Hyper Velocity (430m/s à 550m/s).

La .22lr a par ailleurs donnée naissance à la .22WRF (Winchester RimFire) conçue pour la carabine Winchester M1890. Cette munition à la particularité de ne plus utiliser d'ogive à talon. La lubrification de l'ogive est donc à l'intérieur de l'étui. Cette munition est maintenant obsolète, mais elle a servie de base de travail à Winchester pour créer en 1959 la .22WMR, plus communément appelée .22 Magnum, qui a été utilisée la première fois dans la carabine Modele61, disponible sur le marché en 1960.

Voilà donc un aperçu de l'histoire de la cartouche .22 annulaire, qui mérite d'être lu car la grande majorité des utilisateurs de cette munition n'en connaissent pas la genèse !


Xavier.



16/03/2010
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