CLUB DE TIR DE SAINT GEORGES SUR CHER

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44 Magnum: aboutissement d'une longue lignée de 44.

Le 44Magnum est un calibre légendaire, rendu célèbre grâce au cinéma et au fameux Inspecteur Harry incarné dans les années 70 par Clint Eastwood. Même s’il n’est plus le calibre d’arme de poing  « le plus puissant du monde », étant surpassé maintenant par des monstres comme le  500S&W, le 44mag reste le calibre magnum le plus répandu que ce soit pour la chasse (surtout aux USA) ou pour le tir sportif. Mais d’où vient ce calibre, qui l’a inventé ? Nous allons pour cela faire un bond dans le passé et retracer « l’arbre généalogique » de cette belle munition :

 

-         1860 : .44 Henry. En cette année sort sur le marché américain, une carabine qui sera à l’origine d’une longue lignée  immortalisée par les westerns, la Henry. Cette carabine, dite «  à levier sous-garde », utilise le mécanisme de la Volcanic, mais  en utilisant une des premières cartouches métallique de l’époque et probablement la puissante de l’époque : la 44 Henry. Cette munition était une munition à percussion annulaire avec une ogive à talon à graissage extérieur, exactement comme la .22lr née  20 ans plus tard. L’avantage de cette munition est que la chambre de l’arme était droite, donc facile à usiner ; et la munition n’était pas trop chère à produire. Le diamètre de l’ogive faisait 0.446 pouces. Cette munition était dotée d’une ogive de 200gr poussée par 28gr (1,8g) de poudre noire, ce qui donnait une énergie à la sortie du canon de 770J, soit l’équivalent d’une .357mag dans un revolver. La munition n’était donc pas très puissante, par rapport aux armes à percussion de l’époque (fusil minié en cal .58 ou .69), mais elle offrait une cadence de tir absolument incroyable : son chargeur tubulaire pouvait contenir 16 cartouches ! Si elle n’a jamais été une arme réglementaire, beaucoup de soldats pendant la guerre civile (ceux qui en avaient les moyens financiers) achetaient une Henry. Les combats se faisant souvent sur des distances courtes, la rapidité de tir était un véritable atout. En 1866, Winchester sorti le modèle  1866, la toute première Winchester, basée sur la Henry mais  améliorée au niveau du mécanisme (apparition de la fenêtre de chargement) et moins chère à produire. La munition reste et restera la  44Henry. En 1871, Colt sort son premier revolver à cartouche métallique,  le Open Top, basé sur le modèle 1860, mais  utilisant la munition  44 Henry. C’était deux ans avant l’apparition du fameux SAA en 45LC.

-         1869 : .44 S&W American. Apparaît le S&W n°3, un revolver résolument moderne en ces années, très bien conçu, sur le principe de l’open break, c’est-à-dire que le revolver se « casse » pour éjecter les étuis. Cette arme en dotation dans l’armée américaine était très appréciée par la Cavalerie car elle permettait un déchargement-rechargement rapide même à cheval, contrairement à son futur concurrent le Colt SAA. La munition utilisée pour cette arme est le .44S&W American. Cette munition est ni plus ni moins qu’une 44 Henry mais à percussion centrale. Il semblerait en effet que l’armée ne voulait pas de munition à percussion annulaire. Les performances dans ce revolver étaient aux alentours des 300J, ce qui reste très modeste et inférieur à l’énergie développée par un revolver Cap&Ball comme le Colt 1860.

 

-         1870 : .44 S&W Russian . En 1870, le Général russe Gorloff, attaché à l’ambassade russe à Washington, approche la compagnie Smith&Wesson, pour la fourniture de modèles n°3 pour l’armée du Tsar. Cependant, Gorloff émet des réserves quant à la munition utilisée, la 44S&W American. En effet, la lubrification extérieure de l’ogive expose cette dernière aux salissures, laissant présager d’éventuels dégâts pour les canons. Donc Gorloff conditionne le contrat à l’élaboration par S&W d’une nouvelle munition avec ogive à lubrification interne. L’idée est donc partir de la 44 American mais en réduisant le diamètre de l’ogive pour que cette dernière rentre dans l’étui. Apparaît alors à ce moment le fameux calibre .429, qui devient la norme  pour tous les 44 à venir (sauf pour le 44-40, développé à part par Winchester en 1873 et avec des ogives à 0.427 pouces). Encouragés par les progrès fait par la métallurgie en ces années, S&W décide d’augmenter le poids de l’ogive à 246gr, poussée par seulement 23gr (1,5g) de poudre, une partie de la place dans l’étui étant prise par l’ogive à lubrification interne. Cette configuration faisait monter la pression à 800bars contre 500bars pour la version American. Afin d’éviter des accidents et qu’une munition Russian ne soit utilisée dans un revolver à munition American, l’étui a été rallongé et porté à 24,6mm (au lieu de 23mm). Les chambres du revolver n’étaient bien sûr  plus droites. Cette nouvelle munition, plus puissante (420J) fut rapidement connue pour son exceptionnelle précision. 131000 revolvers n°3 en 44 Russian ont été livrés à l’armée russe.

-         1907 : .44 spécial. A l’aube du 20ème siècle, S&W veut, pour son futur modèle le « Hand Ejector » à barillet tombant, une nouvelle munition à poudre sans fumée. Ils décident de partir de la très populaire 44 Russian pour faire une munition adaptée à la poudre sans fumée. Ces toutes nouvelles poudres ayant comme caractéristique d’avoir une très faible densité, S&W est donc contraint d’allonger les étuis de près de 5mm (longueur totale de  29mm) afin de reproduire les mêmes caractéristiques balistiques de la 44russian ! Les  premières munitions manufacturées avaient des ogives de  246gr avec une vitesse de 230m/ soit une énergie de 420J. Comme la 44Russian, la 44spl aura très vite la réputation d’être la munition la plus précise de son temps !

-         1955 : .44magnum. Elmer Keith après le développement du 357mag en 1935 avec S&W, pris les mêmes recettes et développa, à partir de rechargements « chauds » en 44spl, la future 44magnum. Tous ses essais ont été fait avec un revolver S&W. Cependant en 1956, Ruger joua un vilain tour à S&W en commercialisant le tout premier revolver chambré pour le  .44 magnum, le BlackHawk ! Des indiscrétions aurait permis à Ruger de devancer S&W. Remington fut la compagnie qui proposa les premières munitions manufacturées. Les munitions standards proposent une ogive de 240gr propulsée à 460m/s dans une carabine, donnant une énergie de 1650J en sortie de canon. Avec des rechargements appropriés ont peu atteindre les 2000J ce qui en fait une munition crédible pour une utilisation de chasse.

 

Voilà donc le cheminement qui a mena à la .44magnum, qui reste une des munitions les plus flexibles d’emploi de par la très large gamme d’ogives et de rechargements possibles.

 

Xavier. 



02/10/2010
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