CLUB DE TIR DE SAINT GEORGES SUR CHER

CLUB DE TIR DE SAINT  GEORGES SUR CHER

Le BR50 et le 22 Hunter

À la découverte du 22 hunter et du BR 50

De nombreux tireurs nous ont demandé plus de précisions sur la discipline 22 hunter et BR 50. Pourtant il y a déjà eu quelques informations lors de la création du circuit national et les règlements sur le site fédéral dans les rubriques correspondantes. Mais il faut aller les rechercher et ce n’est pas toujours facile.
L’occasion nous est donc donnée de pouvoir détailler ces belles disciplines bench-rest.

Un rapide historique sur le bench-rest nous fait remonter à 1947, date à laquelle le premier match fut tiré à Pine Tree dans l’état de New-York. La philosophie première de ce tir était la recherche de la précision ultime pour les armes, les munitions, les équipements et la technique de tir. La seconde était que le débutant peut se confronter aux meilleurs… C’est donc dans ces créneaux que ce sont développés les deux principaux types d’épreuves : le tir au groupement et le tir au score
Le tir au groupement se pratique à 100 et 200 mètres sur 5 coups avec des armes de gros calibre. Aujourd’hui, pratiquement tous les tireurs utilisent le 6 PPC en compétition.
 

Pour le tir au score, il faut tirer une balle par cible et centrer la balle le plus possible.
Ce sont les catégories « hunter ». À 100 et 200 mètres, les calibres 7.08 et le 30-44 reviennent le plus souvent sur les pas de tir.
Mais parlons un peu plus précisément de ce qui nous intéresse : le tir à 50 mètres à la 22 LR.
C’est au début de ce deuxième millénaire que des tireurs de bench du sud de la France ont adapté ce type de tir dans l’hexagone, déjà connu et pratiqué aux USA depuis assez longtemps. Le tir au groupement à cette distance ne présentant pas un réel intérêt, c’est le 22 hunter qui s’est principalement développé.
Sous l’initiative d’Éric CHASSAING et de quelques autres tireurs de sa région, ils ont voulu faire un règlement le plus simple possible avec une cible aux dimensions françaises en mesure métrique.
Ils ont donc mis au point une cible avec 5 lignes de 5 blasons et des blasons d’essais de part et d’autre.
L’ordre de tir des blasons est indifférent, les essais peuvent être engagés à n’importe quel moment des 20 minutes de tir. Il faut « juste » tirer une balle par blason. Difficile de faire plus simple…
La cible dans son ensemble est du format A3 donc simple à photocopier ou à reproduire.
Ils ont également adopté un système de comptage classique avec une pige de 22 LR pour jauger les cordons et une mouche comptant un point de plus sur le score initial. L’avantage de ce décompte et de cette cible permet au tireur de connaître à la fin de son tir  95% de son score en regardant simplement dans sa lunette.

 
Pratiquement en même temps dans l’est de la France, des tireurs ont eu la même idée de tirer à 50 mètres sur le modèle de ce que faisaient leurs voisins allemands avec l’ancien règlement du BR 50 américain.

Dans ce type de tir, il y a 50 blasons à tirer en 30 minutes avec un décompte des points plus compliqué, basé sur un impact touchant le cordon, à l’intérieur du cordon ou à l’extérieur avec des scores dégressifs et un rapport du poids de l’arme donnant un coefficient sur le résultat final. Bref, impossible de savoir à la fin de son tir quel est vraiment son score.
 
Voilà donc succinctement les deux types de tir pratiqués actuellement en France.

Lors de la création du Circuit National, j’ai inclu les deux disciplines pour ne pas faire de discrimination basique et laisser la liberté à chacun de s’amuser librement. Les deux règlements sont disponibles sur le site internet fédéral pour ceux qui veulent plus de précisions.
Il faut noter que ces disciplines se tirent actuellement dans un cadre de tir de loisir et ne sont pas intégrées dans la SEC.

Les principaux points communs de ces deux disciplines résident dans les armes et le matériel utilisés. Dans la grande majorité des cas à l’heure actuelle, les tireurs ont des carabines 22 LR « classiques » issues de l’ISSF.

La seule modification notoire réside dans la crosse dont le devant a été très souvent adapté pour les coussins de pieds de bench classiques et favoriser ainsi le coulissement et la stabilité de l’arme.

La largeur du fût avant ne doit dépasser 100 mm mais il est recommandé qu’il fasse 76 mm pour pouvoir s’adapter à l’ensemble des coussins classiques disponibles dans le commerce.

Carabine Anschütz modèle BR 50 avec tuner Cicognani, lunette Leupold grossissement 40, pied avant et coussin arrière standard


Le règlement actuel du 22 Hunter étant beaucoup plus libre que celui du Bench classique, certains tireurs ont remplacé le coussin avant et arrière par un mécanisme en Teflon ou Delrin pour favoriser la stabilité de l’arme et le retour en batterie.

Adaptation d’appui rigide avant et arrière, canon Unique, lunette Leupold grossissement 36
D’autres sont allés sur des pieds monobloc existant dans le commerce aux USA, mais à l’heure actuelle on retrouve dans le haut du classement toujours les bons coussins classiques remplis avec du sable…
 
Carabine Sako de loisir (canon aminci au profil chasse) sur pied monobloc américain Hongisto et lunette Sightron grossissement 36
Carabine Feinwerbau ISSF avec adaptation sur l’avant de la crosse, pied monobloc de fabrication « artisanale », lunette Leupold grossissement variable


Manie de bricoleurs et/ou recherche perpétuelle de la performance, je pense toutefois qu’il y aura rapidement une norme simple et classique pour tout le monde car à la demande de nombreux pays, la Word bench-rest shooting federation (WBRSF), c’est-à-dire la fédération mondiale régissant le tir avec appui, est en train de préparer un règlement pour le tir à 50 mètres qui sera discuté à court terme avec les différents représentants des pays affiliés.

La bonne nouvelle pour les amateurs de 22 hunter est que l’ébauche actuelle de ce règlement correspond pratiquement à notre règlement français.

Dans l’état actuel et pour simplifier, les seules différences résident dans une dimension des cibles en mesure impériale (et oui les anglo-saxons sont encore bien présents partout…) mais très proche de la nôtre, un poids maximum de 6,350 kg au lieu des 8 kg français, une mouche qui ne servirait qu’à départager les égalités au score et l’adoption des coussins et pieds de bench déjà existants pour les longues distances.
Crosse Cicognani Bench avec trou de pouce, mécanisme Anschütz 2013, lunette Leupold grossissement 40, pied avant coussin arrière standard


Pour ma part, cela me convient parfaitement si ce n’est l’adoption du système impérial des dimensions de cible…

En effet, on s’est aperçu que d’alourdir l’arme n’apportait rien de plus et ne pouvait en fait que modifier l’équilibre de l’arme et nuire à vibration « naturelle » du canon sur la crosse. À ce jour, l’immense majorité des armes ne dépassent pas 5,8 kg et ça n’est pas le fruit du hasard.

Se servir de la mouche uniquement pour départager les scores dessert un peu l’envie d’en faire le plus possible et d’aller vraiment au centre pour avoir un petit point de plus. Ce sera un point important à discuter lors de la prochaine réunion de la WBRSF.

Pour ce qui est des pieds et coussins « classiques », j’y suis plutôt favorable car en laissant trop de liberté, on finit par arriver à des aberrations notoires. De plus, cela risque de repousser de nouveaux arrivants qui n’ont pas un tour et une fraiseuse dans leur garage. Il faut permettre à ces nouveaux tireurs d’avoir le même matériel que les meilleurs et anciens tireurs et éviter les dérives que l’on voit aujourd’hui sur certains concours. Sans vouloir entraver la liberté de chacun, il faut quand même éviter de voir arriver un jour un tireur avec un transpalette et sa table-pied-coussins-carabine fixé dessus…

De toute façon, il ne faut oublier que tant que l’on n’organise pas une compétition internationale sous l’égide de la WBRSF, on est relativement libre de faire ce que l’on veut. En tant que Directeur du Circuit national, je serais assez favorable pour la saison prochaine de me rapprocher de cette proposition de règlement international (quand il sera définitif) mais en gardant la dimension de nos cibles en métrique et l’ajout d’un point avec la mouche. Pour le reste, rien ne me choque particulièrement.

Maintenant, rien n’empêche aux clubs organisant un concours, d’inclure un classement « Unlimited » qui laisserait toute liberté à certains de faire ce qu’ils veulent dans leurs recherches de balistique extrême.

Voilà donc un certain nombre d’informations sur les armes et le matériel en découlant. Au niveau des lunettes, les photos précédentes nous montrent que l’on trouve des grossissements allant en général de 36 à 45. Il ne faut pas descendre en dessous de 24 pour avoir une bonne image de la cible.

Les dots sont nombreux et variés et mais l’on retrouve souvent une fine croix avec un point central plus ou moins gros. Il faut également que la lunette soit fixée avec des colliers parfaitement alignés qui ne doivent pas exercer de contrainte sur le corps de la lunette.
 
Pour ce qui est des munitions, j’ai déjà écrit un article et il y aura plusieurs épisodes par d’autres tireurs et entraîneurs. En résumé très rapide, il faut en priorité tester et trouver des munitions qui passent dans votre canon. Pour un tir de précision, il faut quand même investir dans une qualité « Match » pour avoir les meilleurs résultats possibles. Mieux vaut en tirer moins mais de la bonne qualité…

Certains utilisent comme accessoire pour améliorer les groupements des « tuners ». En fait, il s’agit de déplacer une masse au bout du canon pour trouver le meilleur phénomène vibratoire au départ du coup. On a constaté que les groupements réalisés à l’étau qui montrent une image en hauteur peuvent être améliorés par un réglage mais pas ceux qui sont en largeur. En tout état de cause, il faut une grande rigueur et beaucoup de munitions pour régler correctement son tuner… Mais certains canons ont « naturellement » le bon régime vibratoire et donc peuvent se passer de tuner.

Ensuite, quoi d’autre ?

  • Un pas de tir à 50 mètres (classique ou ouvert, peu importe),
  • des tables stables avec l’échancrure pour que le tireur puisse se positionner derrière sa carabine,
  • la possibilité de mettre des girouettes et des porte cibles fixes ou amovibles au fond.

On peut également utiliser des rameneurs ISSF pour positionner la cible, l’essentiel étant qu’elle ne bouge pas pendant le tir.
Changement des cibles 22 Hunter sur porte-cibles amovibles.
Stand de Bourg les Valence, polyvalence Silhouettes Métalliques et 22 Hunter. Girouettes en « action ».
Stand ouvert (Bourg les Valence)

En conclusion:

On peut tirer cette discipline de loisir à tout âge, avec du matériel classique ou plus perfectionné mais surtout s’amuser et passer une bonne journée en se posant toujours les mêmes questions (!!!) mais surtout, je le répète, en s’amusant dans une ambiance de grande convivialité et en toute sécurité.
Du tir pour tous, même les très jeunes


Jean-François RAYBAUT
Directeur du Circuit National


06/12/2011
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 250 autres membres