CLUB DE TIR DE SAINT GEORGES SUR CHER

CLUB DE TIR DE SAINT  GEORGES SUR CHER

Toute l'histoire de la carabine US M1

 Toute l’histoire de la carabine US.

 

Avant-propos .

Pourquoi publier cet article ? c’est simple la première fois que j’ai ouvert les yeux en juin 1945 ,j’ai vu sur l’épaule de mon père , lieutenant à la première armée une carabine US ,et, j’ai appris plus tard que c’était une Rock-ola, modèle réglementaire,  fournie par l’armée française .Cela m’à toujours fait rêver !! en voici son histoire.

Mon pére à Sigmaringen en 1945.jpg

Mon père à Sigmaringen en 1945 avec sa M1 et son 1911.

 

Historique de la carabine US M1.

L’histoire de la carabine US.M1 est, à coup sûr, parmi les plus étonnantes qui soient, à titres divers. Ainsi, jamais une arme ne fut conçue et réalisée dans des délais aussi courts (13 jours). Jamais non plus une armée n’adopta officiellement la même si peu de temps après que son coup de crayon ait été tracé (2 mois). Jamais sans doute une arme ne mobilisa autan de fabricants et de sous –traitants (plus de 1600). Jamais encore on n’avait connu des chiffres de production (plus de 6 millions d’exemplaires en deux ans et demi) ou des cadences journalières (plus de 22000 unités par jour, fin 43) qui constituent des records toujours inégalés. Jamais enfin une arme n’a suscité autant d’engouement chez ses utilisateurs d’hier et d’aujourd’hui. Car la petite « carabine américaine » est sans conteste l’arme d’épaule la plus prisée par un bon nombre d’entre nous !!

Dès la fin du premier conflit mondial, à l’heure des bilans, on s’aperçut très vite de l’inefficacité du pistolet automatique Colt 1911 (puis 1911A1) de calibre .45, qui équipait les officiers, les sous –officiers et le personnel du Signal Corps .On admit aisément la nécessité d’une arme intermédiaire entre le pistolet automatique et le fusil réglementaire d’infanterie, plus précise, d’une portée et d’une puissance de feu supérieure à celle du Colt .45. Les opinions divergeaient cependant quant à la forme à donner à cette arme, et les crédits alloués à l’Ordnance Department étaient trop maigres pour lui permettre de développer cette arme intermédiaire.

Il faudra attendre 1937 pour que le chef de l’infanterie, le Major Général George A. LYNCH  réaffirme le besoin d’une arme d’épaule légère, de préférence semi-automatique, et d’une portée effective de300 mètres. Sa proposition rencontra les réticences de l’Ordnance Department, peu séduit par la conception et la fabrication simultanée d’une nouvelle arme et d’une nouvelle munition. Pendant trois ans, l’OD opposa ainsi une fin de non-recevoir aux sollicitations réitérées  du Chef de l’infanterie.

La pression des événements :

Les succès remportés par la Wehrmacht, lors de l’invasion de la Pologne en septembre 1939, et reproduits au cours de l’offensive de mai 1940, allaient modifier radicalement l’attitude des responsables américains. Les principes de la « Blitzkrieg » mettaient en lumière l’extrême vulnérabilité des troupes de deuxième ligne ou de l’arrière, qui n’étaient plus désormais à l’abri d’une opération aéroportée ou d’une percée-éclair effectuée par des unités blindées. Armés de seuls pistolets face à des éléments ennemis équipés d’armes automatiques ,ces troupes se retrouveraient – pour citer un auteur américain P.WAHL dans Carabine Handboock « like sitting ducks » littérairement en français « comme des canards assis ».

Le 15 juin 1940 , les chefs respectifs de l’infanterie et de l’artillerie de Campagne réitérèrent la demande , pressante cette fois,d’un fusil léger destiné aux hommes du train et du génie,aux servants de mitrailleuse, de mortiers ou de pièces d’artillerie ,comme au personnel administratif ou à celui des communications, bref à toutes les unités qui pouvaient se retrouver  brutalement en contact avec l’ennemi, et donc les tâches normales seraient entravées par l’utilisation du réglementaire ,mais trop lourd Garand.

Le 27 août, le Secrétaire d’Etat à la guerre donnait à l’OD l’ordre officiel de promouvoir la conception, le développement, les essais, voire même la production, d’une arme légère, dans les délais les plus brefs.

On établit aussitôt les exigences de base tant pour la nouvelle cartouche que pour l’arme elle-même, exigences par ailleurs très proches de celles qu’avait déjà définies le Chef de l’infanterie en 1938. L’arme ne devait pas peser plus de 5 livres : elle devait être pourvue d’un sélecteur permettant le tir automatique ,et alimentée par des chargeurs de 5 ,10, 20 ou 50 cartouches ; sa précision devait être comparable à celle du fusil réglementaire, à une distance de300 yards(soit un groupement d’environ 30 par30 cm) .La cartouche pour sa part ,serait d’un calibre à déterminer , de préférence en .30 (je garde les détails de la cartouche pour un autre article).

Concours autour d’une carabine :

Sans doute l’OD aurait-il pu atteler ses propres ingénieurs à ce projet : l’urgence incita toutefois à organiser une compétition entre les inventeurs et les fabricants d’armes intéressés, auquels l’OD adressa par circulaire le « cahier des charges », à la date du 1er octobre 1941 intitulé « Military characteristics for leight weight, semi automatic rifle as possible replacement for caliber .45 pistol and sub-machine gun ».

Cahier des Charges :

Poids maximum fixé à 2,265 kg avec la bretelle - Chargeurs de 5, 10 et 20 coups
Portée utile 275 mètres - Le fonctionnement devra être semi-automatique avec possibilité de tir en rafale obtenu à l'aide d'un outil spécial - La munition sera du Calibre 30 (7,62 mm) avec un poids d'ogive de 7 grammes, une vitesse de 608 m/s et l'étui à gorge. Ce cahier des charges extrêmement précis, où étaient aussi pris en compte les futurs détails physiques et de fonctionnement, les organes de visées et accessoires de l'arme à construire, fut rédigé le 1er Octobre de l'année 1940 et envoyé à vingt-cinq soumissions possibles.
Au même moment, la firme Winchester mettait au point la munition en étroite collaboration avec le service du matériel de l'US-ARMY.

Au total quelque 25 firmes ou personnes reçurent la proposition de l’OD. La date fixée pour la présentation était incroyablement  proche, puisqu’il s’agissait du premier février 1941 !!!L’Ordnance exigeait ainsi des inventeurs une diligence dont, jusque là, il avait été loin de faire preuve….

Entretemps, la firme Winchester, sollicitée pour la mise au point de la nouvelle munition, avait présenté, dès novembre 1940, une cartouche qui rencontrait les spécifications de l’OD. , mais dont la mise en fabrication se releva quelque peu malaisée. Pour cette raison, les essais furent reportés au 1er avril, puis au 1er mai 1941.

  1. Les inventeurs en présence.

Neuf modèles furent présentés à cette date, à la Sous commission d’Ordonnance, placée sous la direction du Major René R.STUDLER, O.D, et comprenant des représentants de l’infanterie, de la cavalerie, de l’artillerie de campagne, des unités blindées, et de l’Ordnance Corps. Deux fusils furent écartés sans considération : celui de C.E.SIMPSON, de la Springfield Armory, et le .276 White de D.KOLHER et J.MURPHY. Se voyaient ouvrir l’accès aux essais les armes de :

M.BERGMAN, de l’Auto Ordnance Compagny,

G.H HYDE, de la Bendix Aviation Corp, 

V.A BROWNING, de la Colt Patent Manufacturing Co,

E.C REISING, de la Harrington et Richardson Arms,

J.PEARCE, de la Savage Arms Corp,

F.W WOODHULL, de la Woodhull Corporation.

Le modèle proposé par Colt n’ayant pu être prêt à la date prévue pour les tirs se vit exclut de la compétition.

On peut s’étonner de l’absence de Winchester, à qui le cahier des charges avait pourtant été adressé par l’OD. Mais la firme de New Haven  complètement absorbée par la production du fusil réglementaire M1 Garand, impliquée en outre dans divers programmes expérimentaux, s’était résignée à ne présenter aucun prototype aux essais de mai-juin.

A l’occasion de ceux-ci qui se déroulèrent au Banc d’essais d’Aberdeen, dés le 8 mai, aucune des six armes « rescapées » ne fut jugée satisfaisante, quoique toutes se fussent révélées prometteuses. Il s’avéra donc nécessaire de procéder à une seconde série d’essais, prévue pour le 15 septembre 1941. Eu égard à l’objection majeure des inventeurs, axée sur le système de contrôle de tir (sélecteur semi-auto), la Sous Ordonnance abandonna, le 12 juin, l’exigence initiale qui portait sur le tir automatique.

2. L’irruption victorieuse de Winchester.     

Du même coup, Winchester se retrouvait dans la course. Depuis plusieurs années, en effet elle avait acquis une certaine expérience dans le domaine de l’arme semi-automatique fonctionnant par emprunt des gaz, en particulier grâce à l’application du principe à court recul du piston, inventé par le pittoresque David Marshall WILLAMS, dont nous parlerons plus loin.

L’ancêtre direct de l’US.M1 pourrait être la carabine Winchester 1905, arme semi-automatique  conçue pour des missions de police avec chargeur de  5 ou 10 cartouches. Puissante et de fort calibre dans la version 35 SL, mais courte et maniable avec un canon de56 cm, son avènement passa inaperçu dans la plupart des Etats majors .L’arme conçue par T.C.Johnson et fabriquée  par l’une des meilleures et des plus prestigieuses firmes américaines  constituait cependant pour l’époque un événement de première grandeur dans le domaine de l’armement. La cartouche Winchester du modèle 1905 calibre .32 SL est pratiquement identique, aux cotes près, à la cartouche de l’US : M1 qui verra le jour 35 ans plus tard.

Dés avant juin 1941, la WRA avait étudié un fusil expérimental de calibre .30 et pesait7.5 livres, partiellement dérivé d’un ancien fusil de sport semi-automatique utilisant la cartouche de .32 Winchester Self-loading .Les résultats des essais privés effectués par Winchester avec cette arme impressionnèrent l’OD. d’autant plus qu’à la firme même ,on nourrissait l’espoir sérieux d’aboutir , en utilisant les idées de base de ce modèle expérimental ,à une arme qui ne pèserait pas plus de5 livreset qui pourrait accepter la cartouche .30SL.

Le 8 août 1941, Edwin PUGLEY, de la WRA, proposait à la Sous-commission d’Ordonnance un modèle de carabine pour le dessin de laquelle le premier coup de crayon avait été tracé 13 jours plus tôt ! Soumise à des essais de tirs réduits, le 11 août, à Aberdeen, la nouvelle arme révéla bien sûr certains défauts de fonctionnement, auxquels les ingénieurs de chez Winchester furent invités à  remédier  pour le 15 septembre, date fixée pour la deuxième série d’essais de toutes les armes en compétition. Ils disposaient ainsi de 34 jours.

Travaillant 24 heures sur 24, sept jours 7, les ingénieurs y parvinrent : la carabine corrigée et améliorée parvint à Aberdeen dans la matinée du 14 septembre, et subit aussitôt un essai préliminaire de 1000 coups, avant d’être présentée à la Sous-commission, le lendemain matin .Trois jours plus tard, deux armes seulement restaient en lice : l’arme conçue par J.C GARAND pour la Springfield Armory, et la carabine Winchester. Cette dernière fut retenue à l’unanimité par la commission d’essai, à l’issue du programme de sept jours de test intensifs (tir, précision, fonctionnement, cadence de tir, démontage et remontage, exposition à la boue, à la pluie, à la poussière, au sable etc.…).

Recommandée par la Sous-commission d’Ordonnance la désignation Carbine, Caliber.30, M1, l’arme conçue par Winchester fut approuvée pour l’adoption et standardisation par le Secrétaire d’Etat à la Guerre et l’Adjudant-Général le 22 octobre 1941 (OCM 17360), et sa fabrication reçut un indice de priorité « Essentiel-trois Etoiles ». C’est que le sentiment d’une guerre imminente se faisait de plus en plus aigu, au sein du Haut Commandement américain.

Les problèmes de production.

Le besoin initial, calculé immédiatement après l’adoption de l’arme, avait été estimé à 886 698 carabines. Aussi, le 24 novembre 1941, la firme Winchester reçut –elle une première commande de 350 000 carabines, en même temps qu’un contrat portant sur 336 698 exemplaires était alloué à Inland Manufacturing Division of Général Motors Corp. Dayton, Ohio, dont les ingénieurs travaillaient en collaboration étroite avec ceux de Winchester. On escomptait atteindre une production dont la cadence définitive serait de 1000 armes par jour et par usine.

L’urgence des besoins.

L’encre des contrats était à peine sèche que les Japonais bombardaient Pearl Harbour, provoquant l’entrée en guerre des Etats-Unis. En février 1942 la demande des carabines était du coup passée à 1 098 494 unités pour l’année.

Sans doute la firme Winchester disposait-elle d’une expérience suffisamment longue dans la fabrication des armes, mais elle supportait déjà une partie du poids de la production du M1 Garand, et de nouveaux outillages lui étaient nécessaires pour fabriquer la carabine M1. Inland pour sa part, devait pratiquement démarrer de rien .Il apparut donc très vite qu’aucune de ces deux usines ne pourrait entamer la production avant le mi 42 : en conséquence, les quotas pour l’année ne pourraient être atteints…

C’est pourquoi, le 25 mars 1942, le Gouvernement américain signait avec la Western Cartridge Co., Winchester Repeating  Arms Division une convention de fabrication sous licence de la carabine M1, moyennant un droit unique de 886 000 dollars accordé à la firme de New haven.

Extension des contrats. 

En même temps, cinq autres firmes constituant ce que l’on peut appeler la  « deuxième vague » des producteurs de carabines recevaient un contrat de production de 30 000 carabines par mois .Cette deuxième vague comprenait :

Rock-Ola Manufacturing compagnie,Chicago,Illinois.

Quality Hardware and Machine compagny,Chicago,Illinois.

Irwin-Pedersen Ams compagny,Grand Rapids,Michigan.

Underwood-Elliot-Fisher compagny,   Hartford,Connecticut.

Rocherter Defense Corporation,Rochester,  Nex-York. (compagnie reprise au cours de l’été 1942 par National Postal Meter  Compagny, Rochester , New-York).

Ces firmes n’avaient aucune expérience en matière de fabrication d’armes et de munitions, elles produisaient des juke-boxes, de la quincaillerie, du mobilier, des machines à écrire, des compteurs postaux…Pourtant toutes sauf une (Irwin-Pedersen) produisirent la carabine M1 avec succès !!Au –delà de la situation critique dans laquelle se trouvait le gouvernement, on peut apprécier là l’incroyable faculté d’adaptation de l’industrie américaine en période de guerre. 

Seule Inland put commencer la production en juin 1942 . Mais le même mois , le Plan d’Approvisionnement de l’Armée prévoyait une demande globale de 4.471 444 carabines pour décembre 1943 ! Il paraissait alors impossible que l’ensemble des firmes productrices puisse atteindre ce score. Aussi fut-il décidé d’accroitre leur nombre :  « troisième vague » à elle seule ,la Standard Products Compagny, Port Clinton, Ohio, spécialisée dans les emboutisseuses et les articles en caoutchouc et en plastique , fut associée au programme de production, en août 1942 ; son contrat prévoyait une cadence de 45 000 armes par mois, plus tard ramenée à 30 000.

A la  fin de l’année 42 , 111 559 carabines seulement avaient été livrées, sur un total de 1 895 042 attendues. Winchester n’avait commencé à produire qu’en septembre, suivie par Rock-Ola et Underwood en novembre . Sur le total de la production , 97 915 armes avaient été fabriquées par Inland , qui venait d’atteindre la cadence souhaitée de 1000 unités par jour. On était encore loin du compte, cependant.

 

Liste des plages de N° de Série attribués (1941-45) :

de

 

à

 

Fabricant

Date

1

 

5

 

Inland Division, General Motors

11/41

6

 

10

 

Winchester Repeating Arms

12/41

11

 

999 999

 

Inland Division, General Motors

05/42-09/43

1 000 000

 

1 349 999

 

Winchester Repeating Arms

09/42-02/44

1 350 000

 

1 449 999

 

Underwood, Elliott, Fisher

11/42-07/43

1 450 000

 

1 549 999

 

National Postal Meter

01/43-09/43

1 550 000

 

1 662 519

 

Quality Hardware Mfg. Corp.

02/43-05/43

1 662 520

 

1 762 519

 

Rock-ola Mfg. Corp.

11/42-11/43

1 762 520

 

1 875 039

 

Irwin Pedersen-Saginaw Gear

03/43-09/43

1 875 040

 

1 937 519

 

Quality Hardware Mfg., Corp.

06/43

1 937 520

 

1 982 519

 

National Postal Meter

10/43-11/43

1 982 520

 

2 352 519

 

Standard Products

03/43-05/44

2 352 520

 

2 912 519

 

Underwood, Elliott, Fisher

07/43-02/44

2 912 520

 

3 212 519

 

Inland Division, General Motors

09/43-01/44

3 212 520

 

3 250 019

 

Irwin Pedersen-Saginaw Gear

05/43-01/44

3 250 520

 

3 651 519

 

Saginaw (Saginaw) Division

05/43-02/44

3 651 520

 

4 009 999

 

International Business Machines

10/43-05/44

4 010 000

 

4 074 999

 

Underwood, Elliott, Fisher

02/44-03/44

4 075 000

 

4 075 009

 

Winchester Repeating Arms

02/44

4 075 010

 

4 432 099

 

National Postal Meter

11/43-05/44

4 432 100

 

4 532 099

 

Quality Hardware

07/43-08/43

4 532 100

 

4 632 099

 

Rock-Ola Mfg. Corporation

11/43-03/44

4 632 100

 

4 879 525

 

Quality Hardware Mfg. Corp.

09/43-05/44

4 879 526

 

5 549 921

 

Inland Division, General Motors

01/44-08/44

5 549 922

 

5 834 618

 

Winchester Repeating Arms

02/44-11/44

5 834 619

 

6 071 188

 

Saginaw (Saginaw) Division

02/44-05/44

6 071 189

 

6 099 688

 

Rock-Ola Mfg. Corporation

03/44-04/44

6 099 689

 

6 199 688

 

Underwood, Elliott, Fisher

03/44-05/44

6 199 689

 

6 219 688

 

Rock-Ola Mfg. Corporation

04/44

6 219 689

 

6 449 867

 

Inland Division, General Motors

08/44-11/44

6 449 868

 

6 629 883

 

Winchester Repeating Arms

11/44-01/45

6 629 884

 

6 664 883

 

Inland Division, General Motors

11/44-01/45

6 664 884

 

7 234 883

 

Inland Division, General Motors

01/45-08/45

7 234 884

 

7 369 660

 

Winchester Repeating Arms

01/45-09/45

7 369 661

 

8 069 660

 

Inland Division, General Motors

01/45-08/45

0001

 

0239

 

Commercial Controls Corporation

??/??-??/??

 

Les marquages de la carabine M1 :
Presque toutes les carabines M1 auront le marquage suivant permettant d'identifier la provenance.
A l'avant de la carcasse, au niveau de la chambre, la nomenclature du modèle :
U.S. CARBINE ...................U.S. CARBINE
.CAL. .30 M 1........................CAL. .30 M 2
A l'arrière de la carcasse, entre le pied de hausse et le chanfrein, la raison sociale de la société qui a assuré le montage de l'arme. Ce nom correspond à celui des entreprises contractantes de la liste ci-dessus. Il est aussi suivi du numéro de série.

Les marquages de boite de culasse.

Certaines boites sont marquées Rochester : il s’agit de carabines fabriquées par Rochester Defence Corp., société née de la fusion entre National Postal Meter Co. et Todd Co. .La première de ces deux firmes allait se détacher de son associée pour produire seule la carabine .Les armes marquées ROCHESTER datent donc des débuts de la production et sont très rares. Plus anciennes encore et tout aussi rares sont les boites marquées CCC pour Commercial Control Corp., autre appellation de Rochester.

Nom barré sur les boitiers de culasse :
Il n'est pas rare de trouver des boitiers avec deux noms de fabriquant dont un est barré.
En fait certains fabricants ont fournis à d'autres des boitiers de culasse.
A réception le nom du fabricant originel était rayé et le nom du fabricant final était ajouté.

Marquage sur les boitiers de culasse 'UN-QUALITY' :
La société 'Union Switch & Signal' a fabriqué des boitiers de culasse pour 'Quality Hardware'.(identifie une des 100000 armes ,numéro de série  4432100 à 4532099)
Pour éviter d'avoir à rayer le nom du fabriquant originel et de refrapper le nom du fabriquant final, les boitiers ont été marqué 'Un-Quality'.
'Union Switch & Signal' a aussi fabriqué des boitiers pour 'Postal Meter'. Ils sont marqué 'U' sur le biseau.

Le marquage des canons..

Dix sociétés ont produit , on devrait dire « assemblé », on l’a vu ,des carabines M1 ;Mais six d’entre elles seulement ont fabriqué des canons : Inland ,Winchester, Underwood ,Saginaw ,IBM et Rock-Ola….Ce qui n’a pas empêché d’autres firmes , comme Marlin ou Buffalo Arms ,qui ne produisaient pas la carabine d’en fabriquer le canon ! En fait ,le marquage des canons ne correspond absolument pas dans tous les cas à celui de la boite de culasse que pour Underwood ,IBM et Rock-Ola . On pourrait y ajouter Inland, si cette dernière n’avait utilisé certaines  boite Saginaw !   National Postal Meter Co., Standard Products et Irwin-Pedersen montaient sur leurs boites des canons provenant principalement de chez Underwood.  Quality Hardware se fournissait en priorité chez Rock-Ola . Quant à Saginaw, si elle fabriquait ses propres canons (parfois même pour d’autre contractants avec le marquage Saginaw S’G’) ,elle n’hésitait pas à s’en procurer ailleurs en cas de besoin.

Enfin , au début de la production (fin 42- début 43), Winchester à parfois recouru à d’autres fabricants, notamment Buffalo Arms et Marlin .Ses propres canons étaient marqués W.R.A., la date(mois et année) indiquée perpendiculairement au sigle .Par la suite ,le marquage des canons Winchester se réduisit à un simple W, sans date.

Marquage des crosses:

                                                                                                    

Une production qui s’accélère…

En janvier et février  1942 , une « quatrième vague » porta à dix le nombre de producteurs avec l’octroi de contrats à International Buiness Machines Corporation, Poughkeepsie ,New York ,et Saginaw Steering Gear Division, General Motor Corporation, Saginaw, Michigan ,pour lesquelles on prévoyait une production mensuelle de 60 000 pièces ( chiffre réduit plus tard) .

National Poster Meter et Quality Hardware commencèrent à produire la carabine en février 1943 , suivis par Saginaw Steering en mai , Standard Products en juin et IBM en août .Au 31 décembre , l’ensemble des fabricants avait livré 2 892 697 carabines sur l’année, répondant presque à la demande de 2 935 373 unités.

Pas de chance pour Irwin-Pedersen…

Mention n’est pas faite, dans ce relevé , de L’Irwin-Pedersen Arms Co. , dont le nom est souvent omis dans les listes de fabricants. Cette firme , née de l’association de la fabrique Irwin Bros , à Grand Rapids, Michigan, et de John Pedersen , l’inventeur du célèbre « Pedersen Devise »  connut de tels problèmes de fabrication qu’elle ne put procéder à aucune livraison officielle , quoiqu’ayant travaillé d’octobre 1942 à mars 1943 .Le 28 de ce même mois , à l’expiration du contrat gouvernemental , environ 1 000 armes seulement étaient prêtes à recevoir l’épreuve d’acceptation. Au 1ér avril ,Saginaw reprenait pour son compte le solde du contrat d’Irwin-Pedersen ,qui portait sur  150 000carabines (numéros de série attribués : de 1762520 à 1875039 et de 3212520 à 3250019 ).On ne compte ainsi qu’un millier de carabines fabriquées en majeure partie par Irwin-Pedersen , et quelques milliers (le chiffre exact est inconnu) portant le marquage Irwin-Pedersen ,Saginaw ayant récupéré le stock de boite de culasse déjà usinées et marquées au nom de son prédécesseur malchanceux.

Remarque importante, certaines pièces détachées étaient fournies aux fabricants qui n’étaient pas équipés pour les usiner ; c’est ainsi que Buffalo arms Corp., l’International business machines corp et la Marlin firearms produisirent des canons qui furent livrés aux autres adjudiciaires. Il n’y a pas moins de 62 pièces dans une carabine de base et aucun contractant ne les fabriqua toutes.IBM et Quality hardware en faisaient chacun 2, Saginaw 24, Winchester 18, Underwood 19, Rock-ola 13, Inland, National postal et Standard product 4 chacun, selon l’outillage dont il disposait. Pour le reste notons que les entreprises avaient le droit de sous-traiter et que début 1943 ce ne sont pas moins de 1600 firmes qui étaient engagées dans le « carbine program ».

Coordination du Carbine Program.

Dans l’histoire de la fabrication de la M1 , le mois « record » est sans conteste novembre 1943 , avec 530 245 exemplaires produits. Mais l’ensemble du dernier trimestre 1943 atteint les sommets de la production, avec 1 460 074 carabines fabriquées en 65 jours (semaine de 5 jours). La cadence quotidienne de 22 462 armes est littéralement ahurissante.

Tous les grands producteurs, il est vrai, ne fabriquaient pas les 62 composants de la carabine : Winchester et Saginaw en travaillaient 15, Rock-Ola 11, Underwood 4, Inland 5, National Postal Meter et Standard Product 4, IBM 2 et Quality Hardware un seul, la boite de culasse. En fait, plus de 1600 sous-traitants tous répartis sur la moitié Est du pays fabriquaient des pièces de carabines, celles-ci étant assemblées chez les grands producteurs.

Le nombre élevé de contractants impliqués dans la production de la carabine supposait, bien entendu, une coordination générale. Dès le mois de mars 1942, une commission fut constituée avec les représentants des grands contractants et de l’Ordnance Department . Réunie pour la première fois en avril 1942, cette commission reçut, en décembre de la même année, l’appellation

Carbine Industry Integration Committee (Commission d’intégration industrielle de la Carabine). Le CIIC se réunissait tous les mois ou toutes les six semaines pour débattre des problèmes de production (notamment des modifications mécaniques). Il suscita entre les fabricants  une collaboration qui contribua dans une très large mesure au succès du Carbine Program.

 

LA M1, Pourquoi.

 

Les chiffres qui émaillent l’histoire de la carabine M1 sont, pour la plupart, impressionnants. Mais pour peu que l’on veuille bien s’y arrêter un moment , celui qui porte sur la production globale de 6 117 827 exemplaires se révèle à la fois le plus étonnant et le plus riche d’enseignements .A quel besoin des forces armées fallait-il répondre pour en arriver à un volume de production qui ,dans l’histoire de l’arme d’épaule ,n’a été atteint et dépassé que par celui du Mauser allemand 98K , encore que la fabrication de celui-ci ait été étalée sur 10 ans ?

Poser pareille question revient à soulever le problème de l’attribution de la carabine M1 dans les diverses unités de l’armée américaine, ce qui conduit du même coup à devoir se frayer un chemin dans le labyrinthe des dotations en armement. Et, quels que soient les éléments en notre possession, ce n’est pas aujourd’hui que nous parviendrons à dire que telle carabine, portant tel numéro de série, a été attribuée à telle unité, laquelle à participé à telle ou telle opération….Bien que les archives permettant d’établir la relation arme-unité soient, presqu’à coup sûr, conservées par « Oncle Sam » dans on ne  sait quels bureaux, leurs irritants secrets n’ont encore pas , à notre connaissance été levés par personne. C’est pourtant le rêve un peu fou caressé par chacun d’entre nous de connaitre par le détail les péripéties de nos pièces de collection….Nous devrons donc nous résoudre à étudier cette question dans des termes plus larges.

Attribution de la carabine M1.

C’est à juste titre, toutefois, que l’on peut s’étonner : l’arme individuelle de base de l’U.S Army était bien le fusil semi-automatique M1 Garand, adopté le 9 janvier 1936 ? qui faisait du GI le soldat le mieux « outillé » du monde, et que l’US Navy et la Marine Corps allait retenir après. Or le Garand n’à été produit qu’à 4 040 000 exemplaires (chiffre avancé par Smith and Smith ,Small arms of the World, qui ne tient pas compte de la production d’après guerre ,américaine ou étrangère) ce qui le relègue au deuxième rang derrière la carabine ! Est-ce la comparaison des chiffres qui à fait attribuer par certains en Haut Commandement américain un projet qui n’a jamais été le sien, celui de remplacer le fusil par la carabine ?

Premières attributions.

Tenons-nous en simplement aux faits et aux chiffres. La requête du Major General G.A.Lynch portait sur une arme que son faible encombrement et son poids réduit destinait, outre aux officiers et sous-officiers, à des unités théoriquement non combattante, mais dont la puissance de feu pouvait être efficace, en cas de nécessité. L’ordre donné en août 1940 au Chief of Ordnance de développer une arme intermédiaire ne rencontrait que partiellement cette requête. Dans un premier temps ,on conçut la carabine pour tous ceux qui portaient antérieurement le pistolet automatique Colt 45 , officiers (en fait les Compagny officiers jusqu’au grade de major inclus), N.C.O (non commissioned officiers tous les sous-officiers au-delà du troop grade ,les platoon sergeants portaient d’abord le fusil réglementaire) ,équipage du train et pour les individus chargés ,au sein de leur unité, de tâches qui auraient été rendues malaisées par le port du (déjà) lourd fusil Garand : les techniciens et le personnel des transmissions.

Jusqu’au grade de Major (commandant),la carabine US boucha les trous :

Très avantageusement du point de vue de l’efficacité, d’une façon moins évidente du point de vue psychologique. Expliquons-nous : l’arme de poing était à ce moment considérée comme une arme de prestige ,privilège des officiers et sous-officiers depuis que ceux-ci avaient été dépossédés de leur sabre ou de leur épée au cours de la première guerre mondiale .Leur donner un fusil ,fût-il léger et maniable comme la nouvelle carabine ,était un peu les dégrader ;cette décision déplut aux sous-officiers et officiers subalternes de l’armée des Etats –Unis.

Ce qui était compréhensible du point de vue humain ne l’était pas du point de vus de l’efficacité. Et, si la décision de doter les sous-lieutenants, lieutenants et capitaines de la petite carabine répondait à une pénurie en pistolets Colt, elle répondait peut-être plus encore au fait que ces gradés combattaient en première ligne avec leurs hommes et que le fait de les doter d’une carabine semi-automatique augmentait considérablement, non seulement leur puissance de feu, mais aussi leurs chances d’atteindre un adversaire dans les limites usuelles du combat. Et cela, même pour un tireur sans entrainement ; alors que ce dernier, avec son pistolet réglementaire, n’aurait sans doute pas été capable de toucher son adversaire au-delà du bout portant. Cette décision impopulaire était donc fort sage .On vit ainsi, au fur et à mesure que les années passaient, l’importance de la petite carabine croître constamment et sa distribution se faire au profil d’unités dont la dotation normale eût été le lourd fusil Garand.

Si l’on prend en considération l’organigramme –type d’une division d’infanterie en ordre de marche, on verra aisément l’importance, en nombre, des personnes à qui était initialement destinée la carabine M1.Mais cette importance ne suffit pas à expliquer la première estimation effectuée en octobre 1941, qui fait état d’un besoin de 886 698 armes, réserves comprises. C’est, selon nous, dans le contexte politique qu’il faut chercher la raison d’une estimation aussi élevée. A cette date, la menace d’un conflit s’était précisée, et les effectifs de la seule Army étaient passés de 265 000  à plus de 1 500 000 hommes, du début 1940 à la mi-41. En fait, le Haut-Commandement préparait déjà la guerre.

La carabine en remplacement des PM.

Les problèmes techniques soulevés par la fabrication en très grande série des PA Colt 45 et des PM Thompson 1928A1 toujours arme standard en février 1941 ne sont pas étrangers à l’ampleur de la diffusion de la carabine. C’est que leur production était couteuse et relativement lente, en raison de la mécanisation précise imposée par des tolérances étroites au niveau des composants, en  particulier pour les PM Thompson. Cette exigence supposait le recours à des ouvriers qualifiés dont l’industrie armurière ne disposait pas en suffisamment grand nombre. Par ailleurs, les Thompson « consommaient » des quantités importantes d’un acier dont le rôle stratégique était apparu dès le début de l’année 1940. Non pas cependant que la carabine M1 ait jamais dû, à ce stade, remplacer définitivement le PM .Mais elle devait pouvoir s’y substituer en cas d’urgence, pour pallier les insuffisances de la production des Thompson, et dans l’attente d’un PM plus rustique, certes, mais plus rapide à fabriquer et faisant appel à la tôle emboutie, à la manière du MP40 allemand. En l’occurrence, ce serait la « Grease Gun »M3, adoptée en décembre 1942 et diffusée dans le courant de l’année 1943, puis la M3A1 plus tardive (décembre 44).

C’est dans ce sens qu’il faut interpréter les apparition de la carabine M1 dans des mains qui devaient en principe recevoir un PM : pareille dotation n’était que transitoire, contrairement à ce que certains ont pu croire et à ce que l’Etat Major allemand lui-même supposait, comme en témoigne le Taschenbuch USA-Heer de juillet 1943.

Extension dans les attributions.   

Bien évidemment, l’ouverture des hostilités, en décembre 1941, devait provoquer un accroissement des besoins en homme et en matériel, donc en carabines, ne fût-ce que par la « réactivation »d’urgence de plusieurs divisions ou régiments. Cet accroissement apparaît dans les chiffres de l’estimation relevée en février 1942 : 1 098 494 armes sont désormais requises.

Mais le véritable tournant dans les dotations en carabines se situe dans les quatre mois qui conduise à juin 1942, mois au cours duquel, on prévoit, pour décembre 1943, une demande de 4 471 444 exemplaires.Certe le cours des événements militaires n’est pas sans influence sur le bond spectaculaire de la M1 « au hit parade »de l’arme individuelle. Les Etats Unis ont mordu la poussière à Pearl Harbour, mais Mac Arthur a dû provisoirement renoncer aux Philippines .Mais déjà ils relèvent la tête, enrayant le déferlement japonais dans le Pacifique, et les premières troupes US sont arrivées en Irlande dès janvier .La mobilisation générale fait aussi sentir ses premiers effets, puisqu’on a dédoublé, détriplé même les unités.

En même temps qu’il prend conscience que la guerre sera longue, le Haut commandement américain rend enfin justice à la perspicacité du Major Général Lynch, et reconnaît non seulement la pleine utilité, mais aussi la nécessité d’une arme intermédiaire. C’est alors, et alors seulement que la carabine connait son heure de gloire, puisque sa diffusion est étendue à toutes les unités des transmissions et du génie, aux services administratifs aux servants d’armes collectives lourdes, et aux corps aéroportés nouvellement crées.

Elle est aussi, et ce n’est pas négligeable, élargie aux Rangers Batelions et à US Marine Corps, qui œuvre sur le théâtre d’opération du Pacifique (pour certaines formations spéciales, comme le Raiders ou les Seabees –génie des Marines, la carabine M1 deviendra l’arme standard, mais nous anticipons là un peu, puisqu’en 1942 les premiers débarquements ont lieu avec des troupes armées de Springfiels 1903).

On ne peut passer sous silence l’utilisation provisoire de la carabine –commandée par la nature même des missions à effectuer dans des unités d’infanterie ou le Garand était en dotation normale. Comme on ne peut non plus que des officiers ou des NCO aient préféré ce dernier à la carabine, tout en continuant de porter le Colt 45 !!.

A l’opposé, une fois au feu et loin des tracasseries réglementaires, bien des privates jugeant le fusil trop lourd  et trop encombrant ont « récupéré » pour leur compte une carabine qu’ils convoitaient.

  

EVOLUTION DE LA CARABINE M1 AU COURS DE LA GUERRE.

 

Dans les désignations qui sont amorcées ici, il importe de préciser la signification des lettres.

M= modèle réglementaire agrée.

A= modification réglementaire de M.

T= modèle expérimental.

E= modification expérimentale de M ou de T.

 

En ce même mois de juin 1942 commençait seulement la production de l’arme en présérie par Inland Division. Mais avant même que celui-ci soit entamée, Inland avait soumis quelques modèles à des tests d’endurance de 5000 coups, opéré par la Springfield Armory, tests qui avaient permis de déceler des difficultés d’extraction et d’éjection. Après révision par l’usine, de nouveaux essais eurent lieu tant à la Springfield qu’au banc d’essais d’Aberdeen. C’est alors la Commission d’Infanterie qui mit en évidence les imperfections de l’ensemble sous-garde, et en particulier la pression excessive à exercer pour provoquer la  percussion. Tant Winchester qu’Inland Division furent invitées à remédier à ces défauts. 

La carabine M1 E1.

Deux armes modifiées par Winchester et désignées M1E1, furent soumises pour essais à Aberdeen et à Inland, aux fins de simplifier la fabrication et d’améliorer le fonctionnement des pièces de la sous-garde. La pression de détente y était ramenée de 9 à 6 livres, ce qui représente un progrès notable. Le projet d’Inland Division, qui supposait la modification de cinq composants, tout en maintenant la pression entre 4  ½ et 6 livres, fût abandonné, et les représentants de l’Industrial Division s’en tinrent à la modification du chien et du ressort de chien proposée par Winchester. Conduits au début de 1943, des tests d’interchangeabilité avec les pièces des carabines déjà produites donnèrent satisfaction, et l’ensemble chien-ressort fut adopté le 3 mai1943 pour toutes les armes produites ou à produire (OCM 20361).

La carabine M1E2.

Plus importantes et surtout plus visibles sont les modifications intervenues au niveau de la hausse. Le premier modèle qui équipa les carabines est constitué par une équerre basculante portant deux œilletons, pour le tir à 130  et300 yards. On peut évidemment s’étonner d’une hausse aussi rudimentaire, surtout si l’on songe à la perfection des appareils de visée qui équipaient déjà le Springfield 1903 ou, plus près la hausse réglable par clics, en élévation et en dérive, montée sur le Garand dès 1936.

Mais en octobre 1941, le temps manquait pour étudier et fabriquer une hausse perfectionnée : priorité était accordée à la mise au point de l’arme elle-même  et au lancement de sa fabrication. Inland Division n’avait cependant pas négligé la question, puisqu’elle créa, fin 1942, une hausse désignée T21, semblable à celle des fusils Springfield 1903A3 et constituée par un œilleton monté sur une rampe, l’ensemble étant réglable en dérive par un bouton moleté.

Cette hausse se serait révélée plus qu’acceptable, si elle n’avait exigé une modification de la boite de culasse qui lui donne une élévation suffisante par rapport au mécanisme. Pourtant, après qu’on y eut apporté les indications de distance (100 ,150 ,200 et 300 yards),  la carabine M1E2 comportant une hausseT21 et une boite modifiée fut agréée pour standardisation le 14 janvier 1943 sous la désignation Carbine, Caliber .30 M1A2, le modèle M1 devenant du même coup supplétif.

Pareille décision faisait fi des impératifs de production, puisqu’elle supposait des changements au niveau des machines usinant les boites de culasse, lesquels changements auraient eu des répercussions critiques sur les cadences de production déjà insuffisantes. Plus réaliste, le CIIC décida de modifier la hausse T21 de telle manière qu’elle puisse s’adapter à la boite normale de toutes les carabines M1 et M1A1 à produire ou déjà en service. Approuvée par l’OD (Dwg n° D73955), cette mesure conduisit au déclassement de la carabine M1A2 (OCM22185 du 25 novembre 1943). Par souci d’efficacité, la hausse T21 modifiée, initialement  mécanisée, fut montée peu après à partir de pièces estampées et reçu un bouton moleté plus volumineux.

La carabine M1A1.

A l’aube de 1942, avant même que soient constituées les unités aéroportées, on exprima le besoin d’équiper certaines de celle-ci d’une carabine plus compacte encore que la M1, pourvue d’une crosse pliante. La Springfield Armory, Winchester et Inland Division  s’attelèrent au projet et dés mars 1942, cette dernière soumettait un modèle de crosse pliante qui testé par  l’Infanterie Board, donna satisfaction puisqu’il fut approuvé le 14 mai  (OCM 18212) pour constituer la Carbine Caliber .30M1A1 . Utilisant des crosses fabriquées pour la majeure partie par Royal Typewriter, Inland Division seule produisit des M1A1 à 140 000 exemplaires.

A l’exception de la plaque de recul, la M1A1 comprend un mécanisme en tous points semblable à celui de la M1. Les modifications ne se situent en fait qu’au niveau de la crosse .Une poignée-pistolet est fixée à l’arrière du fût , recouvrant partiellement la sous-garde et portant l’anneau de bretelle .La crosse en tube métallique  s’articule autour de cette poignée-pistolet , et se replie vers la gauche, d’un simple coup de paume .La plaque de couche montée sur ressort se rabat contre l’avant du fût .Sur celui-ci ,à hauteur du verrou, un plat est ménagé pour recevoir le renfort de crosse, constitué par une plaque de tôle qui porte l’huilier classique et est recouverte d’une épaisseur de cuir rivée en trois points , le renfort servant ainsi d’appuie-joue.

Prévue pour les parachutistes, la carabine M1A1 était logée, lors du transport et du saut, dans une housse portée le long de la cuisse droite, dans une position pas toujours confortable, sinon pour les grands gabarits.

Il est heureux pour la M1A1  et pour les amateurs d’aujourd’hui qui subissent son attrait que l’année 43  ait connu les chiffres de production que nous avons mentionnés plus haut. Sans cela en effet, une autre variante de carabine à crosse pliante l’aurait sans doute supplantée.

La carabine M1A3.

C’est que l’adoption, le 4 mars 1943 (OCM19852) du M8 Grenade Laucher dont on peut dire pourtant qu’il ne fut guère prisé par le G.I vint souligner la faiblesse le la M1A1. Celle-ci, de fait, ne supportait pas le recul engendré par le tir de la grenade : la crosse cassait à la première tentative. Aussi reprit-on les recherches pour mettre au point une crosse pliante plus résistante qui, dépliée, résistait à ce genre de tir.

Vit ainsi le jour la crosse M1E3 , mise au point par la Murray Corporation Of América, que sa forme de pantographe en tubes pleins permettait de rabattre vers le bas , contre la partie inférieure du fût , en enveloppant la poignée- pistolet  et le chargeur (système analogue à celui du MP40 ) .Apparut d’autre part la crosse M1E4, de type coulissant très proche de celle du PM « Grease Gun » M3. Divers essais effectués à Aberdeen avec ces deux modèles réduisirent sérieusement les prétentions à lancer un nombre élevé de grande sans dommage pour les crosses. Mais ils révélèrent en même temps que la crosse M1E3 était supérieure à celle de la carabine M1A1, au tir de la munition normale : elle  assurait une meilleure stabilité de l’arme .Du coup, à la requête de l’Infantry Board et de l’Airborne Board, la carabine M1E3 fut retenue et standardisée sous la désignation Carbine  Caliber .30 M1A3 (OCM 22257 du 2 décembre 1943), en lieu et place de la M1A1.

Heureusement pour celle-ci, le temps que soient achevés les plans de fabrication, les quotas de M1A1 initialement prévus pour les années 1944 et 1945 avaient presqu’été atteints. Le solde de carabine à crosse pliante restant à produire était à ce point faible que l’on jugea superflu de construire l’outillage requis pour la fabrication de la M1A3, qui fut dès lors abandonnée.

La carabine M1E5.

L’année 1942 fut particulièrement critique pour les Etats-Unis .Elle connut notamment la plus forte demande en matériel de production que l’industrie de guerre ait pu formuler .En s’avisant de découvrir toutes les possibilités d’utilisation que pouvait offrir l’acier coulé ARMA dans la fabrication des composants d’armes légères, l’Ordnance Department ne cherchait qu’à alléger les besoins en machines-outils, par suppression de certaines opérations d’usinage.

A cette fin, Inland Division se vit fournir des moules pour les différentes pièces de la carabine par Saginaw Division, et fût requise de fabriquer 50 exemplaires complètement réalisés en acier coulé, à l’exception du canon. Ces armes devraient être testées à Aberdeen, ou l’on déterminerait les nouveaux composants susceptibles d’être intégrés dans la production de la carabine .Malgré des essais préliminaires peu encourageants en mai 1943, Inland Division livra 48 carabines M1E5 pour lesquelles, déjà on avait dû renoncer à la boite de culasse en acier coulé.

Le test standard d’endurance  (5000 coups) fut imposé à deux armes prises au hasard, et s’avéra tout bonnement catastrophique : seuls semblaient avoir résisté la détente, la sous-garde, le poussoir du chargeur, le chien et le guidon. Une étude des coûts à laquelle se livra Inland Division fit apparaître que le bénéfice qui pourrait résulter de l’utilisation de l’acier coulé pour ces pièces dépasserait à peine les coûts en investissement du nouveau matériel de production .Aussi renonça –t-on à l’acier coulé ARMA, sauf pour la fabrication de la sous-garde, une pièce dont la mécanisation était déjà complexe et qui par le peu d’efforts qu’elle avait à supporter, pouvait sans risque voir diminuer sa résistance.

La carabine M1E6. 

Présente ici pour mention, la M1E6 n’était autre qu’une carabine normale équipée d’un canon de24 pouces(61cm), qui permit à Frankfort Arsenal d’évaluer la flamme de départ et le dégagement de fumée produits par différentes poudres.

Le modèle M1E7.

A la requête de l’Etat-major de l’Armée de terre, un projet  fut lancé en mars 1943, visant à doter les tireurs d’élite d’une 30 M1 plus élaborée .L’arme devait être équipée d’un viseur télescopique Weaver M7 3 B1. La monture d’origine ne résista pas aux tests aussi, à la diligence d’Inland encore, un montage Redfield fut brasé sur la carcasse. Des spécimens furent essayés à Aberdeen : ils étaient satisfaisants en stabilité et en résistance mais faisaient surgir un ennui au niveau de l’éjection des étuis .Malgré des corrections idoines pour parvenir à une arme satisfaisante en soi, le manque d’intérêt ultérieur pour une carabine de snipper arrêta tout développement du projet M1E7.

 

 

Le modèle T2.

Ce modèle fut développé par Springfield. Il employait un nouveau système d’emprunt de gaz basé sur le principe utilisé dans le dernier modèle de fusil M14. Le mouvement de culasse mobile était beaucoup moins violent, comparé à celui de la M1. Des carabines modèles T2 E1 et T2 E2 furent successivement mises au point mais malgré les améliorations apportées, les avantages acquits ne furent pas jugés suffisants pour justifier une production massive.

Le modèle T3.

Etudié à la demande des services techniques pour emploi avec système de visée de nuit aux infrarouges connu sous le nom de « sniperscope ».Trois modèles furent soumis aux demandeurs et à la suite des tests, l’un d’eux, modèle  M1E7 (partie avant modifiée pour fixation d’une console à laquelle était attachée la source de lumière) fut approuvé en février 1943. Nomenclature : Carbine cal.30 T3, sniperscope, l’arme de base étant indifféremment la M1 ou la M2.

1943 : l’année des modifications de composants.

Dés les derniers mois de l’année 1943, un grand nombre de carabines avait été livrée aux troupes, et les premiers rapports émanant des théâtres d’opération aussi bien que des centres d’instruction étaient parvenus tant à l’Ordnance Department qu’au C.I.I.C.

La maniabilité, le faible poids et la cadence pratique de tir de la carabine lui avaient valu un accueil enthousiasme au sein des unités, et cet enthousiasme apparait dans les rapports en dépit de quelques réticences d’un certain nombre d’officiers attachés au prestige du pistolet automatique et appréciant peu le port d’une arme d’épaule, au même titre que le fantassin.

Mais ces rapports faisaient également état de défaillances au niveau des glissières, des verrous et de leurs composants .Les divers fabricants de la carabine en tirèrent aussitôt les enseignements pour remédier, par une intervention aux différents stades de la production, à chacune de ces défaillances, dans la mesure où la chose était possible sans mettre en cause l’interchangeabilité des pièces, exigence toujours fondamentale.

Ainsi fut modifié le profil du verrou, qui comportait une surface plane sur sa partie supérieure .Le nouveau modèle était cylindrique sur toute sa longueur, ce qui lui donnait un meilleur équilibre et une résistance supérieure, tout en simplifiant les opérations d’usinage. On peut relever de même :

_Sur la glissière : un renforcement de la tige-guide par croisement de sa section et d’une modification d’angle de la partie supérieure du levier d’armement, destinée à améliorer l’angle d’éjection des étuis ;  

_le remplacement de la grenadière par un modèle plus large, assurant à la fois une solidité accrue entre le bois et le canon, et une meilleure « flottabilité »de ce dernier ;

_une modification de la face antérieure de la plaque de recul, qui lui assure un effet de ressort et rend plus « coulé » le contact avec le verrou ;

_un ensemble guidon/protège guidon estampé puis soudé, en remplacement de pièces usinées ;

_une sous-garde emboutie, à la différence du premier modèle qui était mécanisé (certaines de ces pièces, on l’a vu, seront réalisées ensuite en acier coulé) ;

_des tolérances accrues (de 1/1000 éme à 2/1000 de pouce, soit 5/100 de mm) dans les dimensions des rayures, qui n’affectaient ni la précision, ni la résistance à l’usure du canon ; cette mesure permettait d’accélérer sensiblement la production ;

_des modifications successives apportées au bouton-poussoir du magasin, dont on distingue 4 modèles ;

le fut redessiné à la fin de l’année 43, pour mieux dégager la glissière ;

_les perfectionnements apportés à la partie postérieure du garde-main : la tôle de maintien, au début fixée de l’intérieur par deux vis, se vit apposer deux, puis quatre rivets visibles de l’extérieur ;

_une simplification du profil du chien, facilitant la mécanisation de la pièce.

_ Un changement dans le profil du bouton-poussoir de sureté ; ce bouton-poussoir sera remplacé en 1944 par une sureté pivotante : il arrivait régulièrement, en effet, que dans le feu de l’action le G.I manœuvre par erreur le bouton-poussoir du chargeur en voulant libérer la sureté ;

_des changements minimes apportés à l’extracteur.  

La carabine M2.

Et nous arrivons en 1944 à l’élaboration d’un programme visant à automatiser le tir des carabines standards par l’adjonction de composants divers et changements de pièces telle que chien ,gâchette ,levier de tir et son ressort , crosse etc.…Le kit de conversion comprenant un lot de pièces modifiées ou complémentaires fut appelé « kit carbine T17 » .Toujours préparé par Inland avec la collaboration du service du matériel US .Le prototype ainsi modifié reçut l’appellation T4.Un chargeur banane de 30 cartouches fut étudié dans le même temps, son poids plus élevé requérant à son tour une transformation du verrou de chargeur.

Un certain nombre de T4 fut préparé pour étude .En septembre 1944 l’arme était approuvée et les tests étaient si satisfaisants que plusieurs services demandèrent son adoption à la place des M1. C’est ainsi qu’en mai 1944 la T4 recevait son appellation réglementaire US carbine 30 M2 et que les modèles précédents (M1 , M1A1,M1A3) étaient reclassés  « limited standard » (fabrication arrêtée et distribution jusqu’à épuisement des stocks). Le tir en rafale était d’environ 750 à 775 coups par minute.

La carabine M3.

Dernière amélioration d’une longue série, la M3 était en fait une M2 modifiée pour recevoir une lunette de visée, outre quelques accessoires tels que cache-flamme et appareillage infrarouge .Adoptée en aout 1945, la M3 tirait évidemment en auto et semi-auto, les expériences ayant démontré que la précision du matériel n’était pas affectée par le tir en rafale. Ce modèle fut, fabriqué à 1108 exemplaires par Winchester.

     La carabine M3 (M2 un tir sélectif avec la vision nocturne infrarouge M1 ou Sniperscope) a d'abord été utilisé au combat par des unités de l'armée pendant l'invasion d'Okinawa. Pour la première fois, des soldats américains avaient une arme qui leur a permis de détecter visuellement les japonais s'infiltrer dans les lignes américaines pendant la nuit, même pendant le noir total. Une équipe de deux ou trois soldats a été utilisée pour faire fonctionner l'arme et apporter un soutien. La nuit, le champ d'application serait utilisée pour détecter les patrouilles japonaises et les unités d'assaut en mouvement vers l'avant. À ce moment, l'opérateur peut tirer une rafale d'arme automatique sur les images verdâtres de soldats ennemis. Le M3 a une portée efficace d'environ 70 mètres (limitée par les capacités visuelles de la vue),le brouillard et la pluie réduit davantage la portée efficace de l'arme. L’ on estime que totalement 30% des pertes japonaises infligées par arme à feu lors de la campagne d'Okinawa ont été causés par la carabine M3 et son Sniperscope M1.

Les accessoires.

Dans sa conception première, la M1 n’avait pas de baïonnette ; ce n’est qu’en 1944 qu’il fut décidé d’y adapter le couteau-baïonnette M4 .Cela nécessita une fois de plus des transformations permettant de poser une fixation et notamment un chemisage du canon sur sa partie centrale.

Plusieurs accessoires furent également adoptés dans l’intervalle :protection de chargeur en plastique,adapteur pour le tir à blanc ,clip pour le remplissage rapide du chargeur et divers petits outils pour le démontage du ressort de détente , démontage du piston, démontage de l’extracteur ,du percuteur et de l’éjecteur ,housse de protection, burette à huile formant barrette de crosse.

Pour info, certaine M1 de fabrication ancienne peuvent être trouvées avec le ressort récupérateur et sa tige-guide logés dans un tube-guide cylindrique : ce logement métallique fut supprimé par la suite.

 

 

Production de la carabine de 1942 à 1945.

Inland  (Général Motor corp.)  2 642 097

Winchester                                 818 059

Underwood-Elliot-fisher              545 616

Saginay (G M corp.)                    517 212

National Post Meter                    413 017

Quality Harware                         359 666

IBM                                              346 500

Standard Product                        247 160

Rock-Ola                                       228 500

 

Total                                          6 117 827

Les chargeurs.
Il existe une multitude de fabricants de chargeurs pour la carabine USM1. Tous ces chargeurs en tôle emboutie sont en acier bronzé, plus rarement phosphaté. La plaque de base peut être lisse ou comporter une membrure longitudinale. L'élévateur peut-être avec le renflement à droite ou à gauche.
Il existe parfois un trou postérieur pour l'écoulement de l'eau. Ces chargeurs portent sur la face arrière divers marquages.
Chargeurs à 15 Coups :
AI - BW - CB - GQ - IA - II - IU - IW - K.I. - KSG - LU - MN - OIB - OSG - QU - RC - RO
RUGG - SI - SP -SS- SW - SY-BU - UN - UQ - UU.
Chargeurs à 30 Coups :
SEY
Pour les chargeurs 15 cps de la WW2, il existe environ une vingtaine de fabricants connus, ils ont approvisionné les 9 producteurs principaux des carabines M1 et M2, ceux-ci assurant le montage final d'armes dont beaucoup d'éléments étaient fabriqués par des sous-traitants.
En règle générale, le marquage désigne le fabricant du chargeur et le producteur de carabine auquel il est destiné au moyen de lettres-code.

Note :

Au même titre que le fusil Garand ou le pistolet Colt, la carabine USM1 devint arme réglementaire française par destination sous le nom de « Carabine 7.62mm.M1. » .Notre armée fit une grande consommation de ces carabines.

Epreuve de la carabine.

Chaque arme est éprouvée par surpression, et tirée 30 fois .Elle reçoit ensuite un réglage en précision. Sur chaque lot de 500 carabines, 10 sont prises au hasard et doivent subir les tests suivants :

_les 10 armes sont entièrement démontées, et leurs pièces mélangées ; après remontage 8 carabines sur 10 doivent fonctionner sans le moindre problème. Deux carabines au plus peuvent devoir subir un léger ajustage manuel.

_une carabine est choisie au hasard et doit tirer 500 coups sans incident.

Sur 6 lots (3000 carabines) ou une semaine de production si le nombre de 3000 n’est pas atteint, une carabine est choisie, toujours au hasard, pour tirer 4500 coups sans incident. L’acceptation du groupe de 6 lots dépend de la réussite de tous ces tests : il suffit d’une défaillance pour que l’ensemble soit rejeté.

 Que sont devenues ces carabines.

La plupart ont été distribuées par la suite au titre de l’assistance militaire ; le commandement de US Army a établi que plus de cinq millions d’unités ont pris ce chemin. L’armée US en a actuellement 100 000 en réserve et 240 000 environ ont été revendues aux membres de la NRA au titre du programme de perfectionnement des tireurs civils(ne rêvons pas) Il a enfin été estimé qu’environ 700 000 ont été perdues !! au cours des derniers conflits.

La Wehrmacht la jugea assez valable pour l'utiliser elle-même sous le nom de Selbstladekarabiner 455 (a), dès qu'elle en eut saisi un assez grand nombre, dans les dernières phases de la guerre en Europe.   

 

Pourquoi, Winchester joue et gagne

 

Ses possibilités étant à leur point de saturation (le fusil Garand, divers projets expérimentaux), la firme Winchester s’était tenue à l’écart de la compétition et n’avait pas participé aux premiers tests. Cependant, la date limite ayant été reportée, elle se décide in extremis à présenter un modèle. Elle a, dans son bureau d’études un homme exceptionnel, doué d’un admirable génie inventif –David Marshall Williams qui est venu par un chemin peu fréquenté dans son équipe de chercheurs. Lisez plutôt :

En juillet 1921, en pleine prohibition, la police fait une descente dans une distillerie clandestine située en Caroline du Nord .Tout de suite la fusillade éclate, au cours de laquelle l’adjoint du shériff est abattu. L’enquête ne pourra établir qui est le vrai meurtrier, mais on fera « casquer » un jeune homme de vingt ans, que l’on considère comme le chef d’exploitation de la distillerie Marsh. Williams, lequel écope de trente ans pour « meurtre au second degré ». Les forçats sont nombreux à apprendre un métier au cours de leur disponibilité forcée. Williams, quant à lui se passionne pour les armes à feu, ce qui lui assurera plus tard la renommé et l’opulence quand, au bout de huit années d’incarcération son procès est révisé. Il est alors libéré, réhabilité même, et bientôt embauché dans l’industrie, sa réputation d’inventeur s’étant établie durant son séjour à Calédonia (prison d’état de la Caroline du Sud) .

Et voila pourquoi et comment nous le retrouvons chez Winchester au moment ou la firme ce lance dans le programme M1.

L’un de ces projets expérimentaux à déjà porté ses fruits lors du commencement des recherches qui aboutirons au M1 : l’équipe de chercheurs d’un fusil de calibre 30.06 pesant3.4 kilogrammes  (le Garand qui utilise la même munition pèse4.5 kilogrammes) qui constitue le résultat de longues années d’études appliquées au réarmement des fusils semi-automatiques par le système d’emprunt de gaz, et le système de course réduite du piston, imaginé par Williams au cours de ses méditations à « l’ombre ». Poursuivant dans cette voie, l’équipe travaille à créer une carabine de2.300 kilogrammesde conception similaire à celle du fusil. Elle y arrive dans le temps extraordinairement court de 13 jours. De même que les six premiers prototypes , celui-ci ,une fois testé, s’avère riche de promesses mais encore insuffisant .Il reste alors 34 jours pour le perfectionner afin de le soumettre au concours dont la date et fixée : 15 septembre 1941 .Les chercheurs , les praticiens se relaient au bureau comme à l’établi sept jours sur sept, vingt quatre heures sur vingt quatre, réalisant ainsi un second modèle qui ,le 14 septembre au matin sera sur le terrain militaire d’Aberdeen .ou doivent se dérouler les dernières épreuves .IL n’y a plus que six carabine en concurrence ,elle les surpassera toutes. Sur les résultats des tests elle est adoptée à l’unanimité par les experts des divers services de l’armée. L’accord officiel est signé le 22 octobre 1941.

Il ne s’est guère écoulé qu’un an depuis la circulaire initiale …Il est vrai que de nombreux mécanismes déjà connus avaient été mis en jeu : ceux de la vieille Winchester modèle 1905 , du fusil Bang ,du Garand ,des fusils de chasse à canons lisses de la marque, du prototype à court recul du piston qui ,tous ,avaient inspiré peu ou prou l’élaboration technique de la M1.

Dans ce système , le trou d’emprunt des gaz est très près de la chambre, le dispositif de   réarmement ne nécessite pas de pièces longues (comme sur le Garand) , l’arme sera donc plus compacte, de fabrication plus  simple (donc plus économique) , et plus fiable, puisque plus solide .Pris si prés du canon, les gaz ont une très forte pression, qui s’exerce longtemps (puisque la balle a encore une grande longueur de canon à parcourir ) .Sans l’idée de limiter la course du piston, la pièce de manœuvre serait poussée trop fortement , trop longtemps , vers l’arrière , et l’ouverture se ferait avant la sortie de la balle .La limitation de la course permet le dosage de l’énergie à communiquer à la pièce de manœuvre .C’est cette invention si simple (mais dans le domaine de la mécanique, le génie réside dans la simplicité) qui rapportera à Williams la bagatelle de 125 millions de nos francs légers…..  

 

Fiche technique de la carabine réglementaire USM1 .

 

Arme d’assaut à cartouche intermédiaire. Arme semi-automatique fonctionnant par emprunt de gaz près de la chambre et retard à l’ouverture. Tir culasse fermée.

_Calibre .30 , 7.62 mm ;

_Longueur totale 90 cm ;

_Longueur crosse repliée pour M1A1 :65 cm ;

_Longueur du canon : 18 pouces , soit environ 457 mm

Canon au nickel-chrome rayé à 4 rayures à droite au pas de 508 mm .

_Poids non chargée : 2.35 kg ;

_Poids chargée à 15 cartouches : 2.56 kg ;

_Capacité des magasins amovibles : 15 cartouches ; 15 et 30 pour M2 et M3 ;

Système de visée : dioptre. Longueur de la ligne de mire : 542 mm.

_Vitesse pratique de tir : environ 45 coups minute.

                                       :750 à 775 pour M2.

_Poids chargée à 30 cartouches : 3 kg.

Finition de l’arme : parkérisation pour toutes les pièces métalliques. Magasin bronzé noir-bleu lustré.

Bretelle de portage en sangle maintenant un huilier dans le logement de la crosse.

 

 

 

 Caractéristiques techniques :

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Armes qui ont été réparées :

De nombreuses carabines ont été réparées ou remises en état aux USA par divers établissements.
Ces armes portent généralement sur la face latérale de la crosse les initiales de l'établissement qui a effectué les réparations (ou modifications). Les carabines qui ont été remises en état ont reçu dans certains cas des éléments d'un modèle plus récent que celui d'origine, ce qui fait qu'une carabine construite au début de la guerre peut très bien posséder des pièces plus récentes.

AA - Augusta Arsenal
AN - Anniston Army Depot
MR - Mont Rainer Ordnance Depot
Og - Ogden Arsenal
RA - Raritan Arsenal
RIA - Rock Island Arsenal
RR - Red River Arsenal
Sa - Springfiels Armory
SAA -
San Antonio Arsenal

Télécharger ICI le manuel technique de la carabine 30M1

Télécharger ICI ce magnifique document sur la maintenance de la Baby  (fourni par Leboulenger, merci à lui.)

 

Cette Carabine mythique est l'arme du  débarquement en Normandie , de tous les combats de la Libération , il équipait les soldats Français dans les rangs de la 1° Armée du Général de  Delattre de Tassigny, en Afrique du Nord , en Italie, en Provence, en Alsace, dans les Ardennes ... en Allemagne. Il fut encore en service dans l'Armée Française durant la guerre d'Indochine , et la guerre d'Algérie

 

                                          Merci de m'avoir lu.  JACQUES

 



29/05/2011
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